Vallires Haute Savoie 74150
Histoire : du 17e siècle à la Révolution
L'implication de l'histoire du Duché ou des différents pays européens dans la vie quotidienne locale.
En 1536 Genève se soulève contre le pouvoir de l'Evêque et contre la Maison de Savoie. Les Paroisses, villes et villages changent de mains, les avancées Savoyardes en territoire suisse sont abandonnées, le Roi de France profite du conflit pour envahir le Duché de Savoye, la puissante Maison de Savoie s'effondre et François 1er prend possession du pays durant 23 ans. En 1559 le traité de Cateau-Cambrésis permit au jeune Duc de Savoie, Emmanuel Philibert de récupérer presque tout son royaume. Cette situation semble être scellée durablement par son mariage avec Marguerite de France, fille de François 1er.
Le jeune Duc surnommé « Tête de Fer » vaillant, intelligent, visionnaire a besoin d'argent pour réorganiser ses Etats. Il crée en 1561 un impôt basé sur la possession et le commerce du sel dénommé « la Gabelle du sel » Les greniers à sel dispersés dans ses Etats sont régis par des fonctionnaires dénommés « regrattier » (commis du dépôt du sel). Cet impôt pour être le plus juste possible, frappe chaque habitant excepté « les pauvres », « les misérables » et les enfants de moins de 5 ans. On procède au recensement de la population, feu par feu (aujourd'hui foyer) y compris les domestiques et le bétail. Grâce à ce recensement de 1561 nous avons une idée très précise du nombre d'habitants et de leur nom, dans chaque village de Savoie.
En 1563 le Duc décide de déplacer la capitale de ses Etats qui est beaucoup trop vulnérable de ce côté des Alpes. Turin devient la Capitale. Le Souverain et sa Cour quitte Chambéry en emportant les archives, le pouvoir central…Tout déménage derrière les montagnes abandonnant le territoire savoyard berceau de la dynastie. Le Conseil Ducal est remplacé par le Sénat de Savoie, instance supérieure du pouvoir judiciaire. C’est à ce moment là que les frontières entre le Duché et la Suisse prennent leurs places quasi définitives.
Genève est devenue indépendante et la Suisse a gardé les territoires qu’elle avait récupérés durant le conflit.
Henri IV envahit à son tour la Savoie de 1600 à 1603 suivi 30 ans plus tard par Louis XIII de 1630 à 1632 et Louis XIV de 1690 à 1696 puis de 1703 à 1713.
En 1713, le Duc de Savoie Victor Amédée II, retrouve la puissance de sa Maison, il pose enfin sur sa tête la couronne de Roi tant convoitée par ses prédécesseurs et devient Roi de Sicile, couronne qu’il troquera cinq ans plus tard contre celle de Roi de Sardaigne.
La Savoie délaissée depuis bien longtemps, est orchestrée par le Sénat de Savoie qui représente le pouvoir judiciaire, et la Chambre des Comptes qui gèrent les impôts, taxes et dépenses. Les fonctionnaires à leurs têtes sont Piémontais, choisis à la Cour de Turin. Ils parlent italiens, sont souvent hautins voire méprisants envers les Savoyards. Le Duché est sous les ordres d’un intendant général installé au château de Chambéry, secondé par 6 intendants installés dans les 6 provinces : Chablais, Faucigny, Genevois, Savoie Propre, Tarentaise, et Maurienne. Vallières dépend du Genevois et son intendant est installé à Annecy. Ce système durera jusqu’à la révolution.
Le Roi Charles-Emmanuel III, a un énorme besoin d’argent pour régenter son pays. Il veut réviser l’impôt foncier (la taille) afin qu’il soit juste pour tous. Il crée un système de recensement des parcelles de terre et de leurs propriétaires, « il invente le Cadastre ».
L’Edit Royal du 9 avril 1728 ordonne l’exécution d’un cadastre général en Duché de Savoie.
Des fonctionnaires, géomètres, dessinateurs, architectes, parcourent les possessions du Roi, ils dessinent les mappes, relèvent les dimensions des parcelles, inventorient les territoires.
Le cadastre de Vallières est achevé en mars 1732, il contient 2815 journaux soit environ 830 hectares.
Un peu plus tard en 1738 le Roi institue la création de la « commune », remplaçant le plein pouvoir du seigneur. L’Edit Royal du 15 septembre 1738 stipule que les communes, seront sous l’administration d’un Syndic (Maire) accompagné par les membres du Conseil. Ils seront élus pour 3 ans par les chefs de famille du village. Le syndic est choisi parmi les conseillers pour une période d’un an. Ce pouvoir local est contrôlé par l’intendant Provincial, fonctionnaire de l’Etat, celui-ci nomme le secrétaire de la commune, souvent un notaire, qui en fait détient, le véritable pouvoir local, véritable trait d’union entre l’Etat et le peuple. Le secrétaire est chargé de faire appliquer les ordres de Turin (du Roi) transmis par l’intendant Provincial.
1740, mort de l’Empereur d’Autriche. Aussitôt on assiste à la curée. A l’intérieur comme à l’extérieur chacun mobilise ses troupes et veut sa part de pouvoir ou de territoire.  L’Espagne, la France, la Prusse,… Partout on observe des mouvements de troupes. La Maison de Savoie trop longtemps hésitante ne sait à qui faire allégeance. C’est trop tard l’Espagne envoie des troupes côté français et coté italien. La résistance est courte et laborieuse, bientôt la Savoie est sous le contrôle de Don Philippe d’Espagne, et c’est l’occupation espagnole pour 6 longues années de 1742 à 1748. L’Albanais, et donc Vallières, est aux premières loges. Réquisitions incessantes en impôts, vivres, viandes, fourrages, animaux, ânes, mulets, chevaux, corvées, les militaires espagnols, s’emploient aux viols, pillages, brimades, insolences….Ce calvaire finit tout de même par s’achever en octobre 1748 avec le traité d’Aix la Chapelle. Le Roi de Sardaigne récupère le Duché de Savoie et Nice et il s’ensuivit une longue période beaucoup plus paisible.
En 1760 les frontières entre la France et la Savoie sont matérialisées par le Rhône et le Guiers.
Les guerres, les occupations, les intempéries ont affaiblies les membres de la petite Noblesse rurale. Les Bourgeois, souvent dans le commerce ou les métiers de robe, notaires, avocats, châtelain,… se sont enrichis et rachètent inéluctablement les biens vendus par la noblesse qui doit soutenir son rang, entretenir ses châteaux ou Maison Forte et pourvoir à l’éducation de ses nombreux enfants.
En 1762, sous l’influence de l’évolution des pensées, la féodalité s’étiole, le Roi Charles Emmanuel III affranchit les serfs de la taillabilité personnelle, le « libéralisme » s’impose peu à peu.
En 1771, en décembre, le Roi promulgue un Edit, portant l’affranchissement des Fiefs. La commune a la faculté de racheter les divers, servis, redevances, et droits féodaux aux possesseurs de fiefs ou seigneurie. Le montant étant évalué à vingt fois la rente annuelle. Le conseil de Vallières accepte les conditions de rachat et signe prés d’une douzaine de contrats. Les plus gros étant : celui signé en 1783 avec Charles de Gantelet d’Asnières, Seigneur de Veigy en Vallières pour la somme de 4700 Livres. Et celui signé en 1785 avec Aynard Jérôme Marie de Chabod, baron de Chitry, Marquis de Saint Maurice, gros propriétaire à Vallières pour un montant de 8200 Livres.
Emergence de la Franc-maçonnerie en Duché de Savoie... Les prémisses apparaissent dès 1744. Un peu plus tard en 1749, la première loge est crée à Chambéry, elle se nomme « les Trois Mortiers ». Elle sera rapidement élevée au titre de « Grande Maitresse Loge des Etats Sardes » orchestrée par le célèbre penseur Savoyard : de Maistre. Elle rassemblait les personnes les plus distinguées de l’ancienne capitale. A partir de 1760, la franc-maçonnerie connait un véritable essor en Savoie. En 1765 on crée une loge à Rumilly « la vraie amitié », filiale des « 3 Mortiers » dans laquelle on retrouve tous les Valériens influents de l’époque, riches bourgeois et nobles. En 1790 on compte près de 1000 francs-maçons en Savoie dont 47 à « la vraie amitié » de Rumilly.

Sommaire   Suite